Partager l'article ! AMAZONIA, LA VIDA Y LA IRA: ...
le blog de l'absurde
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peinture acrylique format 100/80
Orfeo canta
Bello don que muy pocos escuchan
en el bullicio de la feria,
la música desciende de los cielos.
Un niño vagabundea junto al río
abrazado a un pequeño violín,
lejos, en Paraná.
Los jacarandaes azules se deshacen
y gimen suavemente los sauces
tocados por la dulce tristeza de existir.
Miro al niño sentado en la barranca alta.
Grises brillan sus ojos bajo la gorra gris
mientras sonríe apenas
persiguiendo los pasos de una paloma esquiva.
Lentamente se yergue en su ropa de domingo
y empieza a despedirse de las islas doradas,
del río rumoroso,
del rito de la tarde.
Vuelve por la avenida sombreada y es feliz
porque sus ojos han recibido la luz
y su frente ha sido castigada, una vez más,
por la Belleza.
El viento mueve los rubios cabellos
del elegido
y entre las hojas húmedas
se abre paso el chistido fugaz de los pájaros.
Sobre el Paraná majestuoso
ruedan los barcos de naranjas.
Orphée chante
Don précieux que peu de gens écoutent
dans la clameur du marché,
la musique descend des cieux.
Un enfant vagabonde au bord du fleuve
serrant dans ses bras un petit violon,
loin, à Paraná.
Les jacarandas bleus se défont
et tendrement gémissent les saules
touchés par la douce tristesse d’exister.
Je regarde l’enfant assis au bord du ravin.
Brillent ses yeux gris sous la casquette grise
tandis qu’il sourit à peine
en poursuivant les pas d’une colombe esquive.
Lentement il se redresse dans ses vêtements du dimanche
et commence à dire adieu aux îles dorées,
au fleuve bourdonnant,
au rite du soir.
Il revient par l’avenue ombragée et il est heureux
parce que ses yeux ont reçu la lumière
et son front a été châtié, encore une fois,
par la Beauté.
Le vent remue les cheveux blonds
de l’élu
et entre les feuilles humides
se profile le sifflement fugace des oiseaux.
Sur le Paraná majestueux
roulent les bateaux d’oranges.
Graciela MATURO
extraits de SANTA
FE - Ocho poetas argentinos
DES YEUX DE COLERE...
Confiance le monocle, non dans l'oeil ;
dans l'escalier, jamais dans l'étape ;
dans l'aile, non dans l'oiseau
et dans toi seulement, dans toi seulement, dans toi seulement.
Confiance la méchanceté, non dans le scélérat ;
dans l'verre, plus jamais dans la liqueur ;
dans le cadavre, non dans l'homme
et dans toi seulement, dans toi seulement, dans toi seulement.
Confiance beaucoup, mais déjà non en un ;
dans la voie, jamais dans le courant ;
dans les calzones, non dans les jambes
et dans toi seulement, dans toi seulement, dans toi seulement.
Confiance la fenêtre, non dans la porte ;
dans la mère, plus non dans les neuf mois ;
dans le destin, non dans l'octroi d'or,
et dans toi seulement, dans toi seulement, dans toi seulement.
César Vallejo ( César Abraham Vallejo Mendoza)
poète péruvien mort à Paris, en avril 1938).
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